Les Westfjords ou Fjords de l’Ouest

Fjords de l'OuestLes Westfjords sont à la fois la région la plus typiquement islandaise et la plus à part. Elle est isolée de par sa position géographique, à l’extrémité nord-ouest de l’île, et parce qu’elle est la seule région à ne pas être traversée par la route n°1. Si certaines de ses routes principales sont bitumées, une bonne partie sont en gravier, voire en terre, et certains axes importants (notamment la route reliant la côte sud, Bíldudalur et Þingeyri) sont fermés de début octobre à la mi-mai. En hiver, certains villages peuvent ainsi rester isolés pendant plusieurs semaines, à moins de naviguer par la mer ou par les airs. C’est également la région où les températures moyennes sont les plus basses et où l’hiver dure le plus longtemps. La péninsule ne compte que 7400 habitants et, avec moins de 0,3 habitants/km², c’est la région la moins densément peuplée et la moins développée d’Islande.

Cet isolement extrême fait que la région est dotée d’une histoire particulière. Sa population, très pauvre jusqu’au milieu du XXème siècle, composée quasi-exclusivement de pêcheurs et régulièrement touchée par des catastrophes en mer, a développé un fort tissu de croyances païennes et de traditions chamaniques. Ainsi, au XVIIème siècle, la région est le principal théâtre de la chasse au sorcière en Islande. Environ deux siècles plus tard, les fjords très poissonneux attirent en nombre les bateaux de pêche britanniques, danois et français, qui se disputent les droits de pêche dans la région. Ils amènent également les premiers objets manufacturés à pénétrer dans les Westfjords, des biens de première nécessité et des techniques de pêche modernes qui contribuent à l’essor de la région. Celle-ci devient une pionnière de l’industrie de la pêche en Islande avec l’utilisation des premiers chalutiers et l’édification d’ateliers modernes de construction de navires, à Isafjördur.

Les Westfjords sont également particuliers par leur géologie, puisque leur situation loin de la dorsale atlantique fait que le volcanisme de la région est moindre, et que les roches que l’on y trouve sont parmi les plus vieilles d’Islande. Avec une géographie très découpée et un système de fjords qui se succèdent presque à l’infini, la région compte à elle seule 1/3 des côtes de l’île – et les routes reliant les différents villages sont également parmi les plus longues.

Aujourd’hui, moins de 5% des touristes visitant l’Islande se rendent dans les Westfjords, ce qui en fait de loin la région la moins touristique du pays. Même si l’activité principale reste la pêche, le tourisme y prend néanmoins une place croissante et de plus en plus d’agences de voyage et de guesthouses ouvrent chaque année. L’attrait de la région est en effet important : paradis des oiseaux venant chaque été se reproduire à l’abri des prédateurs sur des falaises atteignant les 400m de haut, sanctuaire de phoques et de baleines pénétrant parfois loin à l’intérieur de fjords aux paysages époustouflants, les Westfjords sont la région à visiter pour les amoureux des grands espaces et du calme garantis par l’isolement de la région.

A voir dans les Westfjords, du sud au nord :

  • Rauðasandur, magnifique plage de sable rouge s’étendant sur plus de 10km de long et offrant une vue imprenable sur le Snæfellsjökull au sud. Située tout au sud des Westfjords, elle est accessible par la piste 614 à prendre quelques kilomètres au sud-est de Patreksfjörður ;
  • Látrabjarg, la « falaise aux oiseaux», certainement la falaise la plus époustouflante de l’île. Des millions d’oiseaux migrateurs viennent s’y reproduire chaque année, se battant pour établir leur nid dans l’endroit le plus à l’abri des prédateurs et des éléments. Elle est prolongée par une série de falaises se succédant sur 14km et s’élevant toutes entre 200m et 400m à pic au-dessus de la mer. Un sentier de randonnée très facile permet de longer le littoral et de rejoindre Rauðasandur à pied. Point le plus occiendal de l’île (et d’Europe, Açores exclues), on y accède par la route de gravier n°612, à rejoindre au sud-est de Patreksfjörður ;
  • Le musée des monstres marins à Bíldudalur, sur la route N°63 ;
  • Dynjandi, la cascade la plus majestueuse de l’île, accessible en été uniquement par la route de gravier n°60, à rejoindre soit à la sortie de Bíldudalur soit directement depuis la côte sud de Breiðafjörður ;
  • Kaldbakur (998m), la montagne la plus haute de la péninsule, située au cœur des « Alpes des Westfjords » et offrant un panorama exceptionnel sur les fjords alentour. Plusieurs sentiers de randonnée de niveau moyen permettent d’y grimper en environ 3-4h depuis Þingeyri, sur la route n°60 ;
  • Suðureyri, petit village écologique de pêcheurs traditionnels, où il est possible de visiter les bateaux de pêche ainsi que les sites de conditionnement. Accessible par la route n°65, à la sortie du tunnel d’Ísafjörður ;
  • Ísafjörður, capitale de la péninsule et ville très dynamique avec plusieurs festivals organisés à Pâques et en été ainsi qu’un musée maritime retraçant l’histoire de la pêche dans la péninsule. Compter 400km de route ou environ 30 minutes d’avion depuis Reykjavik ;
  • Hornstrandir, paradis des randonneurs, réserve naturelle entièrement inhabitée et accessible uniquement en ferry depuis Ísafjörður ;
  • Le musée de la sorcellerie à Hólmavík, retraçant l’histoire de la sorcellerie en Islande. Hólmavík est située tout à l’est des Westfjords sur la route n°67.

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